La haute couture

Aujourd’hui, les mentalités convergent vers un monde sans gaspillage dans lequel le luxe peut quelquefois être considéré comme offensant. Hypocrisie ou tendance ? Dans ce contexte, une partie des nouveaux milliardaires s’affiche dans des vêtements bon marché, que l’on admire pour leur simplicité. Dans le même temps, la haute couture continue de s’imposer comme un art qui fait rêver les amateurs de mode et de belles choses. Retour sur un phénomène qui a résisté aux assauts du temps et qui continue de faire l’actualité people à chaque saison.

Un début déjà atypique

En 1770, c’est une femme, du nom de Rose Bertin, qui ouvre la 1re boutique de mode reconnue comme telle. Elle s’installe à Paris, dans la rue du Faubourg Saint-Honoré. Talentueuse, elle se fait remarquer et grimpe rapidement les échelons. En effet, elle deviendra « Ministre de la Mode » à la Cour de la reine Marie-Antoinette et son imagination et ses goûts bouleverseront la garde-robe des Français.

Un peu plus tard, Louis Hippolyte Leroy confectionne les tenues de Napoléon Ier et de son épouse Joséphine pour leur sacre. En parallèle, il réserve ses œuvres à la clientèle aisée et refuse de servir les dames qui ne viennent pas jusque chez lui dans une voiture personnelle. Le La est donnée, celle d’un art du vêtement qui cible une certaine élite financière ou politique.

Malgré ces débuts déjà prometteurs, la « haute couture » telle qu’on la connaît aujourd’hui a dû attendre l’arrivée de Charles Frederick Worth pour connaître un véritable décollage. Ce couturier anglais va inventer le concept en apportant des changements considérables. Il commence par montrer ses œuvres sur de réelles personnes. Ces évènements signent la naissance des défilés de mode. En 1868, il crée la Chambre syndicale de la confection et de la couture pour dames et fillettes. Du point de vue de la formation du secteur, il s’agit d’un véritable bond en avant.

Des caractéristiques uniques

Aujourd’hui une maison de couture doit obéir à des exigences strictes pour se hisser au rang de « haute couture ». Les modèles doivent être réalisés à la main et les pièces sur-mesure doivent toutes être uniques. L’entreprise doit disposer d’un certain nombre d’employés et assurer 2 défilés par an. Chaque défilé doit comporter au moins 25 passages et on compte encore d’autres critères très sélects.

Malgré quelques coups durs, la haute couture continue d’intéresser autant les professionnels que les amateurs. La raison en est sans doute sa pureté même, autant que son statut unique qui la rapproche de l’Art au service d’une certaine esthétique du corps. Les créateurs ne confectionnent pas des vêtements dans le but de vendre ou d’honorer un contrat. La haute couture leur permet d’exprimer une vision de la femme et de l’homme actuelle. La haute couture est un instantané de création saisi sur le vif à un instant T. Le nombre relativement restreint de créateurs qui accèdent à ce niveau n’altère pas l’intérêt des gens. Certains d’entre eux sont entrés dans la légende : Dior, Valentino ou Xuan continuent d’émerveiller et de faire rêver les amateurs de mode grâce à leurs défilés haute couture.

Indirectement, si la haute couture n’est pas pour tout le monde, il faut aussi bien comprendre que ses tendances influent souvent indirectement le prêt à porter du point de vue des textures, des matériaux, des motifs et des jeux de forme.